Rechercher

Entre ciel & neurosciences #2


L’engagement dans l’activité et une immersion en condition réelle.

En effet, le concept de jeux et d’ateliers expérientiels est plus ludique pour transmettre des apprentissages et favorise la mémoire procédurale et expérientielle. Néanmoins, le cadre est totalement différent de la réalité d’entreprise et le principe de jeux impose une distance des participants en terme d’engagement dans l’activité. Ils ne sont pas dans la vraie vie, ils le savent, et, plus encore, leur corps et leur cerveau le savent et ne réagissent pas comme ils le feraient en conditions réelles. Une fois l’activité terminé et la porte de la salle de formation fermée, il est très difficile pour notre cerveau de réutiliser les acquis dans d’autres conditions. Car, au-delà de la formation et de l’apprentissage de nouvelles compétences, le cerveau repose sur ce qu’on appelle les fonctions exécutives. Ce sont des fonctions cognitives de haut niveau qui nous permettent d’adapter nos comportements aux situations et des capacités de flexibilité pour être capable de transférer ces apprentissages à d’autres situations dans la vie réelle de façon dynamique. L’Hélicoaching propose donc une expérience très innovante et totalement pertinente d’un point de vue neuroscientifique. Vivre une expérience en conditions réelles, dans un vrai hélicoptère, avec de vrais enjeux et un vrai vol, va clairement plonger les participants dans un état d’immersion. Cette fois ci, leur corps tout entier va ressentir, expérimenter, vivre une réelle expérience. Il sera donc très intéressant de voir comment, dans ces conditions réelles, les participants prennent des décisions, maitrisent leur émotions, gèrent leur stress, managent leurs équipes etc… Cette expérience totalement immersive et réelle va améliorer leurs compétences en termes de fonctions exécutives, d’intelligence émotionnelle ; et ce sont ces compétences qui seront réutilisés de façon dynamique dans la vie quotidienne en entreprise.

Donner du sens à l’expérience : interprétation et trace cognitive.

Au-delà de l’activité, un élément essentiel est également la trace que va laisser cet Hélicoaching également ; en termes de compétences développées certes, mais également de bagages théoriques et pratiques que les participants pourront réutiliser en entreprise. CockpitLeader qui va permettre aux managers de mesurer la qualité de leur action est pour moi un élément clé du concept. L’analogie entre la conduite d’un vol et celle d’une organisation est très parlante. Je vois aussi un intérêt fort dans la partie débriefing à la fin du vol qui va permettre d’ancrer cette expérience et de laisser une trace cognitive pertinente pour l’entreprise aux participants. Le debrief va permettre de mettre des mots sur cette expérience, de la revivre en dehors des conditions réelles cette fois donc sans la charge émotionnelle qui y est associée, et donc d’en tirer des apprentissages forts sur sa façon d’appréhender le danger, de maitriser ses émotions, de gérer son stress. D’un point de vue neuroscientifique, l’apprentissage n’est permis que par une liaison forte entre expérimentation et compréhension. Comprendre et expérimenter sont indissociables pour rendre les acquis transférables dans un autre contexte, et à fortiori dans un contexte mouvant et si complexe que le milieu de l’entreprise.

Intelligence Emotionnelle & Neurosciences cognitives

Il est important de raccrocher l’expérience à la théorie pour comprendre ce qu’ils ont vécu, être capable de le verbaliser mais également comprendre ce que le corps et le cerveau ont vécu durant cette expérience. Ici, on aborde complètement le concept de l’intelligence émotionnelle (IE) pour lequel justement on évalue la capacité d’un individu à comprendre ses propres émotions, leurs subtilités, leurs causes, ce que cela provoque d’un point de vue physiologique au niveau du corps mais également au niveau cognitif et la façon dont les émotions impactent les choix, les décisions, les jugements. Contrairement aux soft skills, l’IE exige de prendre conscience de son propre fonctionnement cérébral et des biais qui influencent celui-ci. Les neurosciences cognitives s’intéressent justement au fonctionnement cérébral et aux comportements humains et peuvent fournir des connaissances et des outils en appui du concept de l’IE.

Charlotte ROLLAND,

PhDoctor Neurosciences Cognitives

NewBrain Consulting, Lyon

27 vues